Vêtement ATEX : tout ce qu’il faut savoir
Le guide simple pour choisir les bons vêtements et équiper vos équipes en zone ATEX, même sans être expert.
Vous avez déjà pris une petite décharge en touchant une portière de voiture ou une poignée de porte ? C'est de l'électricité statique. Pour vous, c'est juste désagréable. Dans un silo à grains, une cabine de peinture ou un local de charge de batteries, cette même étincelle peut déclencher une explosion.
En bref : qu'est-ce qu'un vêtement ATEX ?
Un vêtement dit « ATEX » est un vêtement antistatique, certifié selon la norme EN 1149-5, conçu pour être porté là où l'air peut devenir explosif (gaz, vapeurs ou poussières). Il évacue l'électricité statique du corps pour éviter l'étincelle qui pourrait tout faire exploser. La plupart sont aussi multirisques : ils protègent en même temps du feu, des produits chimiques ou de l'arc électrique.
Qu'est-ce qu'une zone ATEX ?
ATEX veut dire ATmosphère EXplosive. C'est un endroit où l'air peut se charger de gaz, de vapeurs ou de poussières inflammables, en quantité suffisante pour exploser à la moindre étincelle.
Les poussières aussi peuvent exploser
On pense spontanément aux gaz et à l'essence. Mais une poussière fine en suspension dans l'air peut exploser elle aussi : farine, sucre, lait en poudre, céréales, bois, aluminium. Le 20 août 1997, l'explosion du silo à grains de Blaye, en Gironde, a fait 11 morts (Sénat).
Les 6 zones ATEX
L'employeur classe chaque endroit à risque selon ce qui peut exploser et selon la fréquence à laquelle l'atmosphère devient dangereuse (INRS) :
| L'atmosphère explosive est présente… | Gaz et vapeurs | Poussières |
|---|---|---|
| en permanence ou pendant de longues périodes | Zone 0 | Zone 20 |
| de temps en temps, en fonctionnement normal | Zone 1 | Zone 21 |
| rarement : en cas de panne, ou pendant peu de temps | Zone 2 | Zone 22 |
Plus le chiffre est petit, plus le risque est permanent.
Qui est concerné ?
Bien plus de métiers qu'on ne le croit :
- chimie, pétrochimie, pharmacie, laboratoires : solvants, gaz, alcools ;
- peinture et imprimerie : cabines de peinture, encres, vernis ;
- carburants : stations-service, dépôts, garages ;
- agroalimentaire : meuneries, sucreries, laiteries, boulangeries industrielles ;
- agriculture : silos et coopératives céréalières ;
- bois : menuiseries et scieries (voir notre article : Comment se protéger des poussières de bois ?) ;
- énergie et environnement : méthanisation, stations d'épuration, réseaux de gaz ;
- logistique : locaux de charge des batteries de chariots élévateurs, où la recharge dégage de l'hydrogène.
Comment savoir si vos équipes travaillent en zone ATEX ?
C'est à l'employeur d'identifier et de délimiter les zones (Code du travail, articles R. 4227-42 à R. 4227-54). Elles sont signalées par un panneau triangulaire jaune portant les lettres « EX » et listées dans le document relatif à la protection contre les explosions.
En cas de doute, demandez à votre responsable sécurité.
Pourquoi l'électricité statique est dangereuse en zone ATEX ?
En zone ATEX, le corps humain peut devenir lui-même la source de l'explosion. Selon l'INRS, une explosion demande six conditions réunies au même endroit, au même moment : c'est l'« hexagone de l'explosion » (INRS).

Supprimez l'une des cinq premières conditions et l'explosion devient impossible. Le confinement, lui, n'est pas indispensable : il en aggrave les effets.
Comment le corps produit une étincelle ?
Nous accumulons de l'électricité statique en marchant, en nous levant d'un siège ou quand nos vêtements frottent entre eux, surtout les synthétiques comme la polaire. Nos semelles nous isolent du sol : ces charges restent sur nous, puis partent d'un coup au premier contact avec un objet métallique.
Une étincelle de 0,2 à 0,3 millijoule suffit à enflammer des vapeurs inflammables. Celle qui part d'une personne peut contenir 100 fois plus d'énergie (CCPS, 2021) : la petite décharge de la poignée de porte suffit donc largement.
Ce que fait un vêtement antistatique
Un vêtement antistatique ne bloque pas l'électricité : il la laisse s'écouler en continu, à travers le corps et les chaussures, jusqu'au sol. Comme un robinet qui coule doucement plutôt qu'un seau qui déborde d'un coup, les charges ne s'accumulent plus et l'étincelle ne se forme pas. Pour cela, le tissu contient de fins fils conducteurs, souvent en carbone.
Vêtement ATEX : ce que dit vraiment la réglementation
Il n'existe pas de « norme ATEX » pour les vêtements. ATEX est le nom de deux directives européennes, et la norme à vérifier sur l'étiquette s'appelle EN 1149-5.
La première, la directive 1999/92/CE, oblige l'employeur à repérer, signaler et protéger les zones à risque. La seconde, la directive 2014/34/UE, certifie les appareils utilisés en zone ATEX, comme les moteurs ou les lampes, et exclut expressément les équipements de protection individuelle (article 1). Un vêtement ne peut donc pas être « certifié ATEX » : l'expression désigne un vêtement conçu pour être porté en zone ATEX.
Ce que le droit français impose, c'est un vêtement antistatique. Selon l'arrêté du 8 juillet 2003 (article 9), « les travailleurs doivent être équipés, en tant que de besoin, de vêtements de travail et d'équipements de protection individuelle antistatiques appropriés à une utilisation en atmosphère explosive » (AIDA, Ineris). C'est précisément ce que prouve la norme EN 1149-5.
La seule norme à vérifier : EN 1149-5
Sa version actuelle date de 2018. Elle garantit trois choses :
1. Un tissu qui évacue l'électricité statique.
2. Une coupe qui recouvre toutes les couches portées dessous, même quand on se penche ou qu'on lève les bras.
3. Un porteur relié à la terre : la résistance entre la personne et le sol doit rester sous 100 millions d'ohms, ce qu'on obtient avec des chaussures adaptées.
Sur l'étiquette, cherchez un écusson avec un éclair et la mention EN 1149-5. Les mentions EN 1149-1 ou EN 1149-3 seules ne suffisent pas : ce sont des méthodes d'essai du tissu, pas la certification du vêtement.
La norme n'est pas prévue pour les atmosphères enrichies en oxygène. En zone 0, faites valider le choix par votre responsable sécurité.
Vestes, parkas, blousons, pantalons et combinaisons : vous trouverez nos modèles certifiés EN 1149-5 dans la catégorie vêtements ATEX.
Pourquoi la plupart des vêtements ATEX sont multirisques ?
Le vêtement antistatique protège de l'étincelle venue du corps, pas du feu si une autre source enflamme l'atmosphère. Un vêtement multirisque réunit donc plusieurs protections en un seul vêtement, chacune prouvée par sa norme :
| Risque en plus de l'électricité statique | Norme à chercher sur l'étiquette | Exemples de métiers |
|---|---|---|
| Flamme, chaleur, retour de flamme | EN ISO 11612 | Pétrochimie, raffinerie, gaz |
| Projections de produits chimiques | EN 13034 | Chimie, nettoyage industriel |
| Arc électrique | IEC 61482-2 | Électriciens, maintenance |
| Soudure | EN ISO 11611 | Maintenance, chaudronnerie |
| Être vu de loin | EN ISO 20471 | Sites avec engins, voies, réseaux |
Voir nos vêtements anti-feu et antistatiques et nos vêtements multirisques, par exemple ce blouson multirisque haute visibilité ATEX.
7 erreurs qui annulent la protection d'un vêtement ATEX
1. Porter des chaussures qui ne sont pas antistatiques. Ce sont elles qui relient le vêtement au sol : sans elles, il ne sert à rien (voir les normes des chaussures de sécurité).
2. Enfiler une polaire, une doudoune ou un gilet ordinaire par-dessus. Le vêtement antistatique doit rester la couche extérieure. Par temps froid, choisissez une parka ATEX, et un gilet haute visibilité lui aussi certifié EN 1149-5.
3. Ouvrir ou retirer sa veste dans la zone. La norme l'interdit, car le frottement du tissu crée des charges. On se change dehors.
4. Choisir une veste ATEX trop courte. Si le dos se découvre quand on se penche, prenez une taille plus longue ou une combinaison.
5. Oublier les accessoires. Bonnet, tour de cou, cagoule ou gants portés dans la zone doivent eux aussi être antistatiques.
6. Garder un vêtement usé ou mal lavé. L'usure, les lavages et la saleté réduisent l'efficacité du tissu. Suivez l'étiquette d'entretien (lire aussi : quand renouveler son équipement de travail ?).
7. Ajouter un logo sans précaution. Un marquage inadapté peut dégrader le vêtement : demandez conseil à notre atelier avant de personnaliser.
Chaussures de sécurité : antistatique ou ESD ?
Toutes les chaussures ESD sont antistatiques, mais l'inverse n'est pas vrai. ESD est l'abréviation anglaise d'Electrostatic Discharge, « décharge électrostatique ».
| | Chaussure antistatique | Chaussure ESD |
|---|---|---|
| Norme | EN ISO 20345, lettre « A ». Incluse d'office dans les catégories S1, S1P, S2 et S3, pas dans SB | EN 61340-5-1 |
| Ce qu'elle protège d'abord | La personne et son environnement : pas d'étincelle | Les composants électroniques : pas de décharge qui les abîme |
| Résistance électrique | De 100 000 ohms à 1 milliard d'ohms | De 100 000 ohms à 100 millions d'ohms |
Laquelle choisir ?
| Votre situation | La chaussure à choisir |
|---|---|
| Vous travaillez dans l'industrie, le BTP ou la logistique, hors zone ATEX | Une chaussure de sécurité classique, de catégorie S1 ou supérieure : elle est déjà antistatique |
| Vous travaillez en zone ATEX | Antistatique au minimum. L'ESD est le choix le plus sûr : elle reste toujours sous le seuil de 100 millions d'ohms exigé par la norme EN 1149-5, ce qu'une antistatique ne garantit pas toujours |
| Vous manipulez des composants électroniques | ESD, indispensable pour ne pas les abîmer |
Dans tous les cas, le sol doit lui aussi laisser passer les charges, et le choix final revient à l'évaluation des risques de l'employeur.
Retrouvez nos chaussures de sécurité, dont la plupart sont antistatiques (par exemple la Dusky S3S), et notre sélection de chaussures de sécurité ESD.
Questions fréquentes sur les vêtements ATEX
Qui doit payer et entretenir les vêtements ATEX ?
L'employeur. Selon l'article R. 4323-95 du Code du travail, les équipements de protection individuelle sont « fournis gratuitement par l'employeur », qui en assure aussi l'entretien, les réparations et le remplacement (Code du travail).Un vêtement en coton est-il antistatique ?
Le coton produit moins d'électricité statique que les tissus synthétiques, surtout quand l'air est humide. Mais il n'est pas certifié : seul le marquage EN 1149-5 garantit que le vêtement évacue les charges de façon fiable.Combinaison ATEX : jetable ou réutilisable ?
Les deux existent. Une combinaison jetable antistatique convient aux interventions ponctuelles et salissantes. Pour un port quotidien, on choisit une combinaison multirisque réutilisable, qui résiste aussi à la flamme.
Besoin d’un accompagnement pour faire le bon choix ?
Chez VEDITEX, nous accompagnons les professionnels dans le choix de leurs vêtements de travail, en tenant compte des contraintes métier ainsi que les exigences de sécurité et des objectifs environnementaux.
Une approche simple : vous proposer des solutions adaptées, durables et cohérentes avec votre activité.
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